Si je pouvais être n’importe où, ce serait dans mon chalet d’été de Stag Island, près de Sarnia, en Ontario. C’est toujours l’un des rares endroits sur Terre qui me donne vraiment l’impression d’être chez moi. C’est une maison minuscule et simple qui a été construite en 1896, et c’est un endroit où je vais depuis que j’ai deux ans. C’est un refuge, où on me traite comme tout le monde et où je me sens très proche de la simplicité de la vie et de la nature. Je pense qu’une grande partie du Canada ressemble à cela.
Mon meilleur souvenir de cet endroit n’est pas vraiment lié à un moment en particulier, c’est plutôt un sentiment. Chaque jour se déroule en toute simplicité, sans rien de prévu et sans entrave. Il n’y a pas d’obligation, juste une liste de choses que vous pouvez faire et une liste de choses que vous n’avez pas à faire. Vous pouvez passer toute la journée à lire un livre, ou à faire du canot dans les petits plans d’eau, ou à vous promener au sud de l’île pour voir comment se portent les jeunes chênes. L’endroit est empreint de douceur depuis toujours.
Il ne s’agit pas d’une destination de vacances, mais plutôt d’un mode de vie. J’y passe la moitié de l’année. Du moins, c’était le cas avant que je ne devienne astronaute il y a 26 ans. C’est d’ailleurs là que j’ai vu Neil Armstrong marcher sur la lune. Comme je le mentionne dans mon livre, An Astronaut’s Guide to Life on Earth, tard dans la soirée du 20 juillet 1969, nous avons traversé la clairière jusqu’au chalet de nos voisins et nous nous sommes entassés dans leur salon, comme à peu près tout le monde sur l’île. Plus tard, en retournant à notre chalet et en regardant la lune, j’ai su ce que je voulais faire dans la vie.