Louise Penny

Louise Penny

J’ai passé une grande partie de ma vie à chercher un « chez-moi ». Quand j’étais journaliste, je devais déménager tous les deux ou trois ans et je me sentais de plus en plus épuisée. Même si je me suis fait des amis, j’ai toujours su que ces relations étaient probablement temporaires. Lorsque mon mari Michael et moi avons déménagé à Knowlton, au Québec, nous avons immédiatement su que nous avions trouvé notre chez-nous. Nous ne connaissions personne, mais quelque chose dans cet endroit nous touchait profondément.

Lors de notre premier Noël à Knowlton, nous avons assisté à la messe de Noël à St. Aidan’s, cette petite chapelle qui m’a inspiré l’église fictive de mes livres. Pendant le service, nous avons échangé des salutations de paix, et les deux hommes devant nous nous ont invités à un repas- partage après le service. Lorsque nous sommes arrivés, nous sommes entrés dans une maison remplie de gens qui allaient bientôt devenir nos amis. On aurait dit qu’ils nous avaient gardé une place à table. Tout le village nous attendait, et nous les attendions aussi.

Lorsque j’écris sur un village fictif dans mes romans, j’essaie de retranscrire le sentiment que l’on éprouve en vivant à Knowlton, où règne un sentiment constant d’appartenance, indépendamment de la langue, de la couleur de peau ou de la religion. J’ai vécu dans plusieurs endroits et j’ai découvert que ce qui compte le plus, c’est d’avoir des amis à qui parler. Je pourrais vivre dans une poubelle si j’avais un ami à mes côtés, dans la poubelle d’à côté.

C.S. Lewis a écrit que nous pouvons créer des situations dans lesquelles nous sommes heureux, mais que nous ne pouvons pas créer la joie. C’est comme ça. Pour moi, la joie vient souvent dans le silence, dans le calme, dans la nature. Quand je suis chez moi à Knowlton, je suis remplie de joie et de gratitude. Il y a un profond sentiment d’appartenance.

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