De 1991 à 1994, alors étudiante universitaire à Edmonton, j’ai eu la chance de faire plusieurs voyages en Alberta. L’un des lieux dont je me souviens encore avec émotion, pour plus d’une raison, est Kananaskis. Nous y allions dès que nous en avions la chance. Ce qui nous a fait découvrir Kananaskis, c’est qu’on y trouvait, déjà au début des années 1990, un hébergement accessible aux fauteuils roulants et de l’équipement de ski de fond adapté. À l’époque, c’était novateur, car on ne parlait pas beaucoup d’inclusion, d’accessibilité et d’équité.
Quand on est en fauteuil roulant et qu’on aime la nature, il n’y a pas toujours de solution facile. Les obstacles sont nombreux. Kananaskis a été le lieu d’une de mes premières expériences en solitaire où, avec mes seuls bâtons de ski et mes muscles, et j’ai pu me plonger dans la nature. Il m’est arrivé de devoir m’arrêter pour éviter des ours et des cerfs. J’ai des photos! J’avais l’impression de pénétrer dans le territoire des animaux sauvages, et c’est ce qui rendait ces moments si précieux.
Aujourd’hui maman d’un garçon de neuf ans, je projette d’y retourner avec lui dans les prochaines années, de l’emmener dans ce lieu très cher à mon cœur.
De temps à autre, j’ai besoin de me retrouver seule pour réfléchir, m’imprégner de la nature et vivre simplement le moment présent. Kananaskis fut le terrain de l’une de ces premières expériences. C’est dans la vingtaine que j’ai commencé à réaliser l’importance de cette activité pour mon équilibre. Alors au début de ma carrière de coureuse, je devais jongler avec l’attention des médias, la pression et les déplacements. C’était beaucoup! J’avais besoin d’équilibre; j’avais besoin de me retrouver et de me dépenser dans la nature.