On se sent chez soi là où on se sent aimé, peu importe où. Lorsque j’ai immigré au Canada en 2012, ce n’est pas le magnifique panorama de Toronto ni sa riche culture qui m’ont charmé. Ce sont plutôt les gens qui m’ont accueilli à bras ouverts dans leur ville et qui, depuis, me font sentir chez moi.
À Toronto, je ne vois pas ma couleur. Un hiver, après une grosse tempête de neige, j’ai découvert mes voisins blancs âgés en train de pelleter devant chez moi pour m’aider. Même celui de 87 ans s’activait avec le sourire. Ils ont pris soin de moi depuis le jour où j’ai emménagé.
L’une des personnes qui m’ont invité au Canada m’a aidé pour les démarches administratives et a été mon principal point de contact. J’ai offert de la payer un nombre incalculable de fois, mais elle a toujours refusé. Elle dit que mon sourire fait son bonheur. Les gens ici sont extraordinaires, et s’ils ne le savent pas, il faut le leur dire.
Je me sens en sécurité au Canada, en particulier à Toronto. J’ai grandi au milieu de la violence, de la mort et des traumatismes. Aujourd’hui, je dirige ma propre étiquette de disques et j’ai ma propre entreprise axée sur le bien-être. J’ai grandi dans une zone de guerre au Sud-Soudan et j’ai été un enfant-soldat, AK-47 à la main, à l’âge de sept ans. Mais ici, au Canada, je n’ai pas l’impression de devoir acheter une arme pour me sentir en sécurité. Les gens qui vivent ici me font sentir en paix. Je suis arrivé au Canada les poches vides, et aujourd’hui, ma vie est plein de richesses.