J’aime beaucoup d’endroits, mais c’est ici que j’ai grandi et que je passe la majeure partie de mon temps, car mes parents y vivent toujours. Le mont Nemo est un véritable îlot de nature à la périphérie de la banlieue du Grand Toronto. Difficile à aménager du fait de sa situation en altitude, il a été largement préservé, malgré les efforts de l’industrie d’extraction de gravier qui, depuis des décennies, tente d’en extraire une grande partie.
C’est un refuge pour de nombreuses espèces rares et menacées, et pour beaucoup d’autres. Le sentier Bruce traverse l’aire de conservation du mont Nemo et offre un point de vue sur un patchwork de terres agricoles et les silhouettes de Mississauga et de Toronto. Au printemps, la forêt est un véritable concert. Les goglus des prés s’envolent de la cime des arbres pour aller construire leurs nids au milieu des champs. Impossible de penser avec le chant des rainettes printanières et des rainettes des bois. Et si l’on s’aventure la nuit, lors des premières pluies de fin mars ou début avril, le sol forestier grouille de salamandres à points jaunes et de salamandres de Jefferson. C’est une forêt carolinienne, avec des caryers à écorce écailleuse, des érables à sucre et des chênes rouges et blancs ; en automne, les couleurs sont tout simplement splendides. On l’appelle la source même de la forêt ; tant de cours d’eau prennent leur source au sommet du mont Nemo. Je continue de travailler avec des associations locales pour la préserver d’une industrie totalement anarchique qui cherche à la dénaturer.
Je me sens tellement chanceuse de connaître cet endroit depuis si longtemps et d’y revenir à chaque saison. Il est irremplaçable.