Imaginez-vous sous un immense dôme céleste. Les lacs s’étendent à perte de vue, et les ruisseaux serpentent à travers le paysage, cherchant à rejoindre la mer. Le sol est recouvert d’une végétation basse, parsemée de touffes de rhododendrons aux couleurs vives, mais il n’y a pas d’arbres. Il n’y a ni circulation, ni avions, ni routes. Vous êtes tout à fait seul, complètement immergé dans ce paysage extraordinaire. Certains pourraient en avoir peur, mais d’autres sont complètement fascinés et émerveillés par son immobilité et son ampleur. Je fais partie de cette dernière catégorie.
De la fin des années 1970 jusqu’aux années 1980, j’ai passé environ deux mois chaque été à explorer la région de la rivière Coppermine et à voyager vers l’ouest en direction du lac Bluenose avec la Commission géologique du Canada. Il m’est difficile de décrire les émotions que je ressens lorsque je me trouve là-bas, entouré d’une beauté incroyable et sans personne d’autre à proximité. Je ressens tout simplement un bonheur absolu.
Au fil des ans, de nombreux adjoints m’ont rejoint là-bas. Nous marchions 10 kilomètres par jour, voire plus, en prélevant des échantillons et en prenant des notes, tout en essayant de décrire le paysage qui s’offrait à nous. Certains étudiants n’oseraient jamais marcher seuls dans la toundra, terrifiés par son immensité. D’autres tomberaient sous son charme tout comme moi, aspirant à la solitude et préférant travailler seuls plutôt qu’en duo, ce qui est désormais déconseillé en raison des risques pour la sécurité.
Je me souviens encore de la première fois où j’ai étudié des photos aériennes de la région. Ces images ne me semblaient pas encore avoir de sens. J’étais perdu, mais j’ai beaucoup appris sur la toundra au cours des années qui ont suivi. C’est ainsi que je suis tombé éperdument amoureux de cet endroit.
