J’ai toujours été proche de la nature, mais il y a encore quelques hivers, je n’avais jamais eu l’occasion de m’élancer sur une glace formée par mère Nature. J’ai donc contacté un ami, Paul Zizka, montagnard de Banff, qui m’a dit qu’il serait possible de patiner sur le lac Minnewanka le lendemain matin. Nous nous sommes donné rendez-vous là-bas.
Lorsque j’ai enfin pu fouler cette glace, la sensation était magique. Je patine depuis toujours, et j’ai fréquenté des patinoires intérieures équipées des meilleures technologies de surfaçage. Mais ce n’était rien à côté de la surface parfaitement lisse qu’offrait la glace créée la veille par dame Nature. J’avais l’impression qu’en un coup de patin, je pourrais glisser sans fin. En tant que patineur artistique, j’ai eu la piqûre.
Le lac était si calme que j’entendais le bruit de mes lames, et même celui de la glace. Car la glace sauvage a son propre son. J’avais l’impression d’être au milieu d’une bataille de science-fiction intergalactique tant il ressemble à celui des tirs de vaisseau spatial. C’était tout nouveau pour moi; j’étais totalement hypnotisé. Même que je me suis allongé pour écouter la glace. C’est comme si elle est vivante, qu’elle nous parle.
Cette première expérience sur la glace sauvage a complètement changé ma perception du patinage. Je me sens plus libre parce que la nature est tellement libre elle-même. Elle vous oblige – ou vous inspire – à trouver ce genre de liberté en vous. À compter de là, je ne voulais plus patiner ailleurs. Aujourd’hui, la glace sauvage fait partie de ma vie, pour toujours.