Gordon Lightfoot

D’est en ouest, jusqu’à l’Arctique et dans tous les endroits sauvages que j’ai visités, la poésie est partout où le regard se porte, et fort heureusement, j’ai réussi à trouver les mots pour traduire cette poésie dans mes chansons. Qu’on le veuille ou non, tout cela fait travailler l’imagination.

Mais c’est Orillia, en Ontario, ma ville natale, qui m’a le plus inspiré. Tous mes souvenirs de ce lieu sont empreints de musique. En 7e année, j’ai réalisé mon premier enregistrement pour un événement organisé dans le cadre de la journée des parents. C’était la chanson Irish Lullaby, et elle a été diffusée sur le système audio de l’école. À l’époque, je suivais des cours de musique et j’interprétais les airs irlandais repris par Bing Crosby, que je chantais pour les comités féminins d’Orillia et le Lions Club masculin. En plus de cela, j’ai chanté avec un orchestre de bal pendant toutes mes études secondaires. Mes petites amies avaient l’habitude de s’asseoir sur le côté de la scène pour m’attendre lors des grands bals de l’école. Elles étaient d’une grande patience.

Hiver comme été, mes amis et moi allions souvent pêcher sur les lacs Simcoe et Couchiching. Je me souviens d’un hiver si froid que tout le lac Couchiching était recouvert de glace noire et qu’il n’y avait pas de neige. Mais nous allions surtout au lac Simcoe pour pêcher, au large de Eight Mile Point. Chaque hiver, pendant cinq ans, nous marchions environ un kilomètre sur le lac, puis nous installions chacun notre petite cabane pour pêcher le cisco et la truite. Nous avions l’habitude d’apporter nos belles prises au marché de viande des Buehler Bros., où le gérant nous les achetait. En été, nous pêchions l’achigan et la perche sur la rive est du lac Couchiching.

Quels beaux souvenirs! Je me sentais comme Huckleberry Finn. Je crois qu’il n’y a pas un seul cours d’eau dans la région où nous n’avons pas pêché, y compris dans la région de la North River où nous allions pour la truite mouchetée. Il nous suffisait de prendre nos vélos pour s’y rendre. Les souvenirs que j’en garde sont impérissables et ont continué à faire leur chemin dans mes chansons. Ils sont partout. D’ailleurs, c’est exactement ce à quoi je fais référence dans ma chanson Pussywillows, Cat Tails.

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