Guy Vanderhaeghe

Guy Vanderhaeghe

Un de mes endroits préférés au Canada est la vallée de la Qu’Appelle, en Saskatchewan. Mon père y possédait un petit ranch, donc c’est un endroit très cher à mon cœur. Nous avions l’habitude de monter et descendre les collines. Quand on arrivait au sommet d’une colline, on avait d’un côté une vue sur les arbres recouvrant les pentes des autres collines, et de l’autre une vue sur le fond de la vallée. Celui-ci était cultivé, de sorte que, selon la période de l’année, on y voyait des champs verdoyants ou des terres labourées, noires, attendant d’être semées.

Se faufiler entre les arbres était un plaisir pour tous les sens. Je me souviens du parfum de l’écorce du chêne à gros fruits, qui avait toujours une odeur de fibre poussiéreuse. En levant les yeux, on pouvait souvent apercevoir des balbuzards pêcheurs, suspendus au-dessus des collines, au-dessus de la vallée. À certaines périodes de l’année, on passait à cheval devant des buissons d’amélanches, de cerises à grappes ou de n’importe quel petit fruit de saison, et on n’avait qu’à tendre la main pour en cueillir une poignée. Les amélanches étaient mes préférées – j’adore encore ce fruit –, mais j’aimais même les cerises à grappes, qui rendent la bouche pâteuse.

Mes plus beaux souvenirs de mon père sont liés à la vallée de la Qu’Appelle. Ce sont des souvenirs heureux parce qu’il y était heureux. Il aimait ces lieux, et il nous les a fait aimer.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *