J’ai visité tant d’endroits incroyables au Canada, de l’embouchure du fleuve Mackenzie à l’extrémité nord de Terre-Neuve, en passant par d’innombrables autres entre les deux. Mais l’endroit qui m’a le plus marqué est Lake Louise.
Je me suis retrouvé à vivre dans les montagnes Rocheuses dès la fin du secondaire, fuyant une relation qui n’avait pas fonctionné, et tombant amoureux de la beauté sauvage de l’Ouest. J’ai vécu à Banff pendant un an en tant que préposé aux chambres dans une station de ski, et j’ai passé l’été suivant à Lake Louise à peindre des maisons. C’est à cette époque que j’ai commencé à me plonger dans la musique et à me produire en spectacle. Presque tous les soirs après le travail, je retrouvais mes amis pour jouer de la guitare, prendre un verre et rire tous ensemble. Je me souviens comme si c’était hier de mon ami Mike et moi, marchant sur une route en pente depuis un terrain de camping et, même si la montée était ardue, chantant à tue-tête Late for the Sky de Jackson Browne.
Les Rocheuses ont quelque chose de revigorant. Quelque chose de vivifiant. La dernière fois que je suis allé à Lake Louise, ma femme et moi y avons célébré notre 40e anniversaire de mariage. Nous nous endormions au son de la rivière. Le matin, il y avait dans l’air une fraîcheur qu’on pouvait bien sentir, mais le froid ne nous dérangeait pas du tout. Malgré la température glaciale, nous avons profité de l’occasion pour nous baigner partout où nous le pouvions, du lac Moraine à la rivière Bow. Nous avons également fait du vélo de montagne, croisant parfois des panneaux nous avertissant de la présence d’ours dans la région. La montagne a pour effet d’éveiller les sens et de nous faire prendre conscience de chaque instant.