J’ai passé trois ans à l’école préparatoire de l’Université d’Ottawa, puis trois ans à l’université elle-même. Cette période est l’une des plus formatrices de ma vie, et Ottawa occupe donc une place particulière dans mon cœur.
J’ai grandi à Sudbury et j’ai eu une enfance plutôt insouciante. Toutefois, lorsque je suis arrivé à Ottawa, les choses se sont corsées. Mes parents avaient divorcé et j’avais beaucoup de problèmes. J’étais un rebelle. Les prêtres de l’école préparatoire m’ont aidé à me réformer. Lorsque la discipline sévère ne fonctionnait pas, ils se liaient d’amitié avec moi pour me montrer le bon chemin. Ils ont changé ma vie.
L’école préparatoire se trouvait dans le bâtiment administratif de l’université et les dortoirs étaient à l’étage. Je me souviens que j’étais attiré par une fille qui passait tous les jours devant moi pour se rendre à l’école secondaire Lisgar. On jouait dehors et je ne lui parlais jamais. Nous avions trois patinoires à l’extérieur de l’école que nous devions déneiger, alors je ne suis probablement allé qu’une seule fois patiner sur le canal Rideau. Par contre, je m’y promenais souvent et j’ai toujours apprécié le fait qu’il y ait autant de verdure dans la ville.
Lorsque nous sortions de l’école la fin de semaine, nous prenions le tramway jusqu’à Hull et nous allions au Gatineau Club, au Chaudière Club ou Chez Henri, ou nous nous promenions simplement dans le marché By. J’en garde d’excellents souvenirs. Quand j’étudiais à l’université, l’hôtel Château Laurier était l’un de nos lieux de prédilection. En plus de la délicieuse soupe aux pois qu’on y servait, l’hôtel comprenait une fantastique piscine couverte et un salon de barbier qui nous faisait nous sentir spéciaux – quand nous avions assez d’argent pour nous l’offrir. Dans ce salon, on vous mettait une serviette chaude sur le visage avant le rasage et on taillait vos favoris avec un rasoir droit. Vous aviez l’impression d’être un riche homme d’affaires que l’on traite aux petits oignons.